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Le GUIDO : Le magazine d'Essaouira


LES NEWS D'ESSAOUIRA

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Les Gazelles d’Essaouira

Cette année encore Essaouira sera représentée au 25ème rallye Aïcha des Gazelle par Sabine Luciani et Marie Deflandre. Elles étaient arrivées, en 2014, à la 2ème place de la catégorie «Première participation 4 x 4» derrière...

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Conseil provincial du tourisme

C’est en novembre dernier que le nouveau président du Conseil Provincial du Tourisme (CPT) a été élu en la personne de Monsieur Redwane KHANNE. Il est bien connu à Essaouira pour son implication importante dans la vie de la...

LA DERNIERE EDITION

Guido : 46 - EDITO

Le printemps est là, il sera riche de musique et festivités!

Cette année les évènements printaniers, habituellement étallés sur 3 mois, se concentreront sur une très courte période : le rallye Aïcha des gazelles (4 avril), le printemps musical des alizés (23 au 26 avril) et le festival des musiques du monde (14 au 18 mai)

Nos pages seront musicales au travers des 3 festivals de musique organisés chaque année dans la cité des alizés et des instruments qui les font vibrer.

L’actualité est bien triste, la fréquentation touristique est en berne depuis quelques semaines : disparition des vols desservant la ville et l’attentat de Paris auquel s’ajoute celui de Tunis.

Pour les vols, la situation revient à la normale, six vols par semaine avec les dessertes de Paris, Londres et Marseille. Nous ne reviendrons pas sur les attentats tragiques de Charlie Hebdo et de Tunis mais nous ferons un petit détour vers l’histoire de l’islam et du ramadan qui débutera cette année en juin.

Bonne lecture à toutes et à tous et bon printemps.

Guido : 46 - LE «PRINTEMPS MUSICAL DES ALIZÉS»

Ouverte aux quatre vents, Essaouira se devait de faire une place pour les alizés de la musique. Depuis 2001, elle accueille le « Printemps musical des alizés ».

Symbole de paix, de tolérance, de bonheur partagé, le « Printemps des Alizés » dépose sur les remparts un vent de création sans frontière.
La cité célèbre la musique classique, sa vocation première, et navigue harmonieusement entre musique contemporaine, musique yiddish ou tsigane, hébraïque ou latine ou encore musique aux harmonies de jazz ou nobles symphonies. Un rendez-vous que les mélomanes de par le monde ont inscrit sur leur agenda et que les Souiris n’ont eu aucune difficulté à intégrer dans leurs mœurs tranquilles.
Pour cette 15ème édition du Printemps Musical des Alizés, du 23 au 26 avril prochain, au programme, un hommage à trois compositeurs emblématiques de la grande école allemande de la musique classique, à savoir Beethoven, Schumann et Brahms. Un rendez-vous incontournable de la musique de chambre et de l’art lyrique.

Douze concerts sont programmés par Dina Bensaid (directrice artistique du festival). Le concert d’ouverture sera proposé par le Quatuor Hermès. Le Violoncelliste Marc Coppey interprétera le Triple Concerto de Beethoven aux cotés du pianiste Ismaël Margain et du violoniste David Petrlik. Et pour la 1ère fois au Maroc, le Double Concerto de Brahms avec les frères péruviens David et Alexandre Castro-Balbi.

L’Orchestre Philharmonique du Maroc présentera l’opéra de Puccini et Porgy and Bess de Gershwin, avec les jeunes voix d’Axelle Fanyo, Louis Zaïtoun et Edwin Fardini.

L’ensemble Respiro Tango clôturera le festival avec un clin d’œil argentin et latino-américain. Egalement au programme, une pièce inédite du compositeur Graciane Finzi, qui a écrit pour Essaouira une Fantaisie Toccata, concert de piano à quatre mains, dédié au dialogue et à la convergence de toutes nos cultures et qui sera interprété par Joseph Birnbaum et D. Bensaïd.

Guido : 46 - THE GNAOUA

Slaves originating from Western Africa (Ghana, Guinea and Mali), the Gnaoua (a distorted word from “Guinean”) arrived in Morocco in the 17th century under the reign of Sultan Moulay Ismail.

They use to serve Arab and Berber masters and some even formed the Sherifian Guard.
The brotherhood of the Gnaoua of Essaouira is made of the descendants of these slaves who helped building the town from 1764 onward.

Like their peers brought by force to the other side of the Atlantic, the captive developed the playing of a double game in order to survive from their servitude. The animist traditions, the gods ruling the visible and invisible worlds were colored with Sufism and even Judaism. The Essaouira Brotherhood is one of the most active in Morocco with its own “zaouïa” or sanctuary. Members and followers make for a strong brotherhood gathered together around the tomb of their master Sidna Bilal, a saintly man who, in times past, healed Fatima, the Prophet’s beloved daughter. All the Gnaoua either Berber speaking or coming from towns acknowledge Sidna Bilal as their spiritual ancestor.

The Gnaoua practice a nightly ritual of syncretic possession and healing,: derdeba lila celebrates the mystery of ecstasy (during the festivals only a limited number of people were able to attend these rituals performed by the women seers and therapists). During this ritual the followers possessed by spirits that the Maâlem (Master musician) calls with his gimbri lute fall into a trance accompanied by the powerful rhythm created by the players of qraqeb (metal rattles).

Maâlem and moqadma (priestesses), men and women, often very dark skinned, have the power of healing; they surround themselves with the symbols of life and death: milk (for sperm), dates (for blood), fire (for light) and chant. The qraqeb and the drums hammer on the secret walk of invisible worlds during the lilas (nights) which last until morning. These protected, indeed secret ceremonies celebrate the reconciliation of all the elements of life and establish harmony between the seven colours of the rainbow.

Dressed in a long djellabah, their hair covered with a hat of sea shells, they have a gimbri (a kind of lute) covered in green and red velvet, a tbal (a drum), a mehraz (a mortar with its wooden pestle used to grind the seven kind of incense with the henna necessary to the ceremony), scarves (dark blue, light blue, black, white, red, yellow and green corresponding to the seven possessing spirits), a kumiyya (a dagger) and qraqeb (similar to long iron castanets). They will sing and dance until exhaustion in order to trigger the healing trance and to reach ecstasy. In the morning, the sick person will have been healed: the Gnaoua got the better of the djinns. The long plaits often worn by the Gnaoua as well as their hat decorated with sea shells are a reminder of the African origins of these ritual dances-trances.

Guido : 46 - LES INSTRUMENTS DES GNAOUAS

LE GUEMBRI
Instrument de base, traditionnel dans la musique gnawa. Se présente avec une carapace, creusée dans du hêtre, de l’acajou ou du noyer, recouverte de peau de chameau. La peau utilisée est prélevée dans le cou de la bête, le son n’en sera que plus sec, plus fort, meilleur. Le manche de l’instrument est long de 80 cm et ses cordes, au nombre de trois, sont en boyaux de chèvre. Les vibrations, et donc le son, seront meilleurs si la combinaison de ces trois éléments, caisse, manche et cordes, est harmonieuse.

DAF ou BENDIR
Instrument rond en bois de citronnier et recouvert de peau de chèvre ou de chameau, comportant, à l’intérieur, 2 fils de nylon ou de boyau; ces fils équilibrent les vibrations.
Cet instrument est utilisé dans toutes les musiques arabes et berbères, ainsi qu’au Soudan ou au Mali, mais sa taille peut variée. Généralement il n’est pas adopté dans la musique gnawa. Il donne aux morceaux musicaux leur énergie et assure la complicité avec les autres instruments.

QRAQAB
Lourdes castagnettes de fer utilisées par les gnaouas. Elles reproduisent la rythmique des pas des chevaux. Elles scandent la transe : les quatre parties claquent en contretemps avec le guembri. Elles peuvent également être faites de bois, mais, dans ce cas, ne sont pas utilisées pour les transes, mais simplement pour accompagner les instruments acoustiques : le son plus doux, accompagne, cadence. Sans l’entendre de trop, on ne le néglige pas pour autant.

Guido : 46 - ARAB-ANDALUSIAN MUSIC

At-Tarab al-andaloussi or Arab-Andalusian music is more commonly called « Al-âla” which means the “enchantment prompted by Andalusian music”.

This not surprising at all when one knows that it was the musical expression of the very refined Hispano-Maghreb civilization that Morocco essentially inherited.

Arab music unquestionably influenced Spanish music (as we can still see in flamenco) but the opposite is also true as Gregorian chanting reminds us of the fact that the chanting of the first Andalusians was inspired from Christian singing.

Historians tell us that a very talented musician, Ali Ibn Nafi, better known as Ziryab, fled Baghdad and arrived at Harun Al-Rashid court in Cordoba in 822 where he introduced a new way of singing. This composer had a decisive influence on Andalusian music. He was a virtuoso with his lute and he had an encyclopaedic mind : he is supposed to have had a repertoire of 10 000 songs. The musical genre and mode of the old Nubas with their basic rhythmic pattern called “mizan” are still practiced today. In fact the Nuba is a succession of lyrics and music varying in tempo and generally preceded by a prelude called “Elkoursi or elkrissi”. Some movements are entirely musical as in the “Touchia”.

After a very successful period during the reign of the Almoravids (1061-1147), Arab-Andalusian music fell into disrepute completely under the Almohades (1147-1248) as they were very strict in their religion: singers were arrested and musical instruments destroyed. Andalusian music then was covered up behind canticles or “madihs” praising the Prophet.

When Granada fell in 1492, this music experienced a new expansion in Morocco where most of the refugees from Granada had settled and contributed to enrich it. What remained then was from the Seville school of music.
Arab-Andalusian music is part of the heritage of humanity as a first rate musical monument. With the Christian reconquest of Medieval Spain, Morocco inherited several musical trends which crystallized into two main schools: Fez School with two main traditions since the beginning of the 20th century. The El Brihi tradition was carried on with Abd El Karim Raïs and ends up with Mohammed Briouel who distinguishes himself by a high level of musical culture and poetry and by his chosen field of secular concerts and of representing the Royal Palace official music. The latter decidedly followed the new fashion of Arab orchestration in which the instruments of Western string quartets tended to stifle traditional tones.

At the beginning of the 20th century, schools were founded in Fes and Marrakech to spread the teaching of this music. For the first time symposia were held in order to study the means of protecting the Andalusian musical heritage.

It seems that the original characteristics of the Arab-Andalusian music were generally well kept especially in Morocco compared to other countries and it has remained a refined and scholarly art for Moroccan people.

The Moroccan Arab-Andalusian music, a synthesis of traditional Arab, Berber and Spanish music, differs widely from Eastern music. Constant efforts are being made to make it known, to spread it and to protect it in particular through numerous festivals in Morocco as well as in Europe.

The promotion of current practices especially the use of more modern instruments and new interpretations seems to contribute to the protection of this priceless heritage.

This music generally involves the following instruments; the Derbouka, the Tar, the Rebab, the Oud, the Nay (a flute), the Tabilate as well as more recent instruments like the mandolin, the alto, the violin or the cello.

The Daf or Bendir is a round satinwood instrument covered with camel or goatskin where two nylon or gut strings are attached inside in order to balance the vibrations. This instrument is used in all Arab music as well as in Sudan and in Mali but its size may vary; generally it is not included in Gnaoua music. The Bendir provides musical pieces with energy and ensures the complicity between all other instruments.

Guido : 46 - HISTORY OF A RELIGION

Islam rests on five pillars:

-the “Shahada” which is the Muslim’s declaration of faith and “the key to Paradise”: “I profess that there is no God but God; I profess that Mohammed is the Apostle of God”.

-the prayer that is said 5 times a day, at dawn, around noon, in the afternoon, after sunset and in the evening; the Muslim recites the prayer with his face turned towards Mecca.

-the pilgrimage: once in his life, the Muslim who can afford it must go to Mecca.

-the legal almsgiving: the Muslim must use a portion of his wealth to help the needy.

-the fast during the holy month of Ramadan: it is a daytime fast all along the lunar month of Ramadan, the ninth month in the Islamic calendar. It must be a total fast from the moment that dawn allows the distinction between “the white thread and the black thread” and until night time. For the fast to be valid, one must declare his intention and refrain carefully from anything that could break the fast.

All along the month of Ramadan, social life has a special tone; from dawn to sunset all activities seem to be on hold. No doubt the nights during Ramadan are sometimes opportunities for celebrations but it is said that one must refrain from sleeping during the day, that one must stay sober during the night and not eat or drink greedily straight after sunset as the fast must keep its true meaning which is to control one’s passions and to bring one’s soul closer to God.

Indeed the choice of the month of Ramadan confirms this as it is the month “during which Revelation came down to give Direction for men”. It is therefore like the Koran’s celebration and these 28 or 29 days of fasting are like a long celebration of the Descent of the Book. The peak date is one of the nights of the last decade, preferably the night from the 26th to the 27th day: it is “the “laylat al-quadr”, “the night of the Destiny”.
The HEGIRA
An Arabic word, “hidjira”, means emigration or flight. The Hegira started on the 6th of July 622, on the day when Prophet Mohammed left Mecca, his native town, to go to Medina. This date has been considered to be the beginning of the Muslim calendar since Caliph Omar decided to commemorate this historic day.
Officially, the year in the Muslim calendar is divided into twelve lunar months to a total of 354 or 355 days that is to say eleven days less than the solar year. Thus 33 years in the Muslim calendar equals 32 years in the solar calendar. Each month in the lunar calendar has 29 or 30 days, each starting at sunset.
Fixing the moment when a month starts is very important especially to date the beginning of Ramadan and it needs two trustworthy people to witness the time when a new moon starts; this is sometimes complicated in Northern countries or during seasons when the sky is clouded over.
One should note that a minimum of scientific knowledge is required to determine this since, by definition, a new moon is invisible to the human eye except at the time of eclipses.

Guido : 46 - RAMADAN & FTOUR

Que brûlent les péchés ! Le mot ramadan signifie étymologiquement « brûler », parce que ce mois est l’occasion pour les musulmans de se faire pardonner les péchés qu’ils ont commis : le mois de ramadan était à l’origine un mois d’été et la racine « RMD » veut dire en arabe “ être brûlant ”. Ramadan est le nom arabe du 9ème des douze mois de l’année lunaire. Chaque année, il tombe à une date différente, dure 30 jours et les règles qui le régissent, explicites et implicites sont très précises.

Pilier de l’islam, les musulmans se privent de manger, de boire et de toute activité sexuelle du lever au coucher du soleil. C’est une période de recueillement et de compassion, un moment plein de sens et d’évènements d’histoire religieuse de l’Islam. Chaque musulman se doit de traverser cette épreuve, à l’image du prophète Mohammed. L’asthénie et la faim éprouvées durant la journée sont compensées par la nutrition de l’âme faite par le truchement d’actes d’adoration (prières et invocations). Les journées, courtes et fraîches en hiver, deviennent chaudes et interminables l’été au point que la soif devient insupportable.

Coup de canon ! C’est l’heure de la rupture du jeûne. Le ftour est le repas qui, chaque jour, rompt le jeûne, cime la plus haute de toutes les pratiques d’adoration de Dieu. Ce terme désigne aussi la pointe du jour, le moment ultime avant l’irruption de l’obscurité qui définit le moment de la prise du repas, dit en arabe “ FTR ”, qui signifie cassure, séparation, rupture.
On appelle Aïd al-Fitr, la fête qui clôt le mois de jeûne qui sépare le mois de Ramadan des autres. C’est une période chaleureuse et solennelle, de partage ; l’ambiance est à la convivialité et aux échanges, mais aussi un soulagement, une bénédiction après une journée fatigante passée sans eau ni nourriture.

Quand on ne jeûne pas et que l’on observe la ville alentour, le ftour est un moment à la fois inquiétant et surréaliste. Quelques minutes avant le coucher du soleil et avant le chant du muezzin, la ville entière s’accélère : les conducteurs respectent encore moins le code de la route et les piétons pressent le pas, sourds de faim ; nervosité, stress, agitation continuelle sont les maîtres mots de ce moment. Tous les citoyens n’ont qu’une idée en tête : rentrer manger au plus vite, souvent en courant. Et tout à coup, alors que retentit la longue sonnerie indiquant à tous qu’il est l’heure de se rassasier, la ville s’arrête. Plus un bruit. Un silence de mort recouvre la ville, habituellement si bruyante. Le pays entier est plongé dans une torpeur dont il ne sort que progressivement pour entamer la deuxième partie de la journée, plus festive mais toujours teintée de piété. Les premiers échanges sont toujours consacrés au déroulement de la journée, aux sensations ressenties, physiquement et moralement. Les mets préparés dans la journée sont dévorés, engloutis. Les menus au moment du ftour varient peu et restent la plupart du temps très traditionnels : gâteaux au miel (jbakia), harira (soupe), dattes, gâteaux secs (pas de gâteaux à la crème), crêpes berbères (batbout, msemen, barrir), café au lait ou si la saison est automnale lait sucré et avocat mixé.

Le ramadan est un temps fort de la vie sociale. Les membres de la famille se font un devoir de se retrouver pour prendre ensemble le ftour : seuls les épiciers mangent dans leur boutique et de rares personnes isolées dans les cafés. Les longues soirées sont consacrées aux visites, après un temps passé pour certains dans les mosquées à écouter la psalmodie du Coran, ou dans les cafés qui ferment beaucoup plus tard que d’ordinaire. L’ambiance est à la fête. Aujourd’hui, surtout dans les médias, on ne jeûne plus le mois du ramadan mais on le « fête ». Des programmes télévisés animent les « Nuits du Ramadan », sitcoms, pièces de théâtre, concerts, émissions culinaires et humoristiques. Dans les pays du Maghreb, les jeunes profitent de l’occasion pour sortir s’amuser toute la nuit. Il y a là un glissement de la dimension spirituelle du ramadan à une dimension plus festive, plus médiatique.

Ramadan est une période à part, hors du temps, une longue parenthèse dans l’année. Pendant Ramadan, on entre dans une dimension parallèle. La teinte inhabituelle que prennent les choses et un léger ralentissement du rythme de vie indiquent que nous ne sommes plus tout à fait dans le même monde.

Guido : 46 - L’ARAUCARIA : L’ARBRE EMBLÉMATIQUE D’ESSAOUIRA

« L’arbre était un grand navire ancré dans l’humus, et il luttait, toutes voiles dehors pour prendre enfin son essor. Un souffle tiède fit frémir les frondaisons. La feuille poumon de l’arbre, l’arbre poumon, et donc le vent de sa respiration, pensa Robinson… »
Michel Tournier, Vendredi ou Les Limbes du Pacifique

Partout dans la ville leurs silhouettes se détachent, sculptures vivantes, vibrent ou souffrent sous les assauts du vent. Ce sont les araucarias, ou pins colonnaires. « L’histoire commence toujours avec quelques feuilles qui bougent comme des lèvres qui murmurent. Entendre le bruissement des feuilles, une musique, quelques paroles, de temps en temps des cris, ou seulement des confidences... une histoire, celle du saule pleureur qui se lamente de ne pouvoir traverser la rivière ou celle de l’Araucaria qui raconte des légendes oubliées ».

L’Araucaria Excelsa ou Pin de Norfolk, arbre symbole de l’île sur laquelle il fut découvert (il en est d’ailleurs l’emblème), règne sur la cité d’Essaouira. Ce « pin colonnaire », au port pyramidal, peut atteindre dans la nature une hauteur de 70 mètres. Ses feuilles sont de deux types : celles des rameaux les plus jeunes sont vert clair, flexibles et pointues ; les feuilles adultes sont plus courtes, imbriquées, recourbée vers le rameau et avec la pointe incurvée. Ses fleurs sont unisexuées. Avec l’âge, il perd ses branches basses, comme chez la plupart des conifères. On rapporte que les araucarias peuvent vivre 1000 ans. Véritables fossiles vivants, ces arbres ont côtoyé les dinosaures, résineux témoins silencieux de la grande Histoire de la Terre.

Il se distingue de l’Araucaria du Chili (Araucaria Araucana), que l’on peut voir dans les jardins, et qui porte des feuilles extrêmement pointues et piquantes, arbre appelé « le désespoir des singes », ces animaux ne pouvant atteindre les fruits à cause du tronc et des branches aux fortes écailles, recourbées vers le haut. Ces deux types de conifères peuvent tolérer le gel mais résistent difficilement aux hivers rigoureux.

En 1997, la ville d’Essaouira, ville de thuya et d’arganier par excellence, a mené un ambitieux programme de plantation d’araucaria, sous le slogan « un arbre pour ma ville ». L’araucaria, l’espèce choisie, en plus de son aspect esthétique, s’adapte bien au climat spécifique d’Essaouira et y prospère avantageusement. L’opération a été lancée par le GERPE (Groupement d’Etudes et de Recherches pour la Promotion d’Essaouira) qui avait défini comme objectif premier la plantation de 400 araucarias. Le GERPE a assuré les études de faisabilité, choisi les lieux de plantation des arbres et a appelé à la souscription les citoyens pour la réalisation de ce projet.

On ne plante jamais un arbre par hasard. Les plantations s’effectuent en adéquation avec le climat, l’architecture et les hommes. Souvent les arbres étaient utilisés pour souligner et accentuer les lignes et les axes principaux d’une ville. L’araucaria symbolise, comme arbre sacré, une part de la culture et de l’histoire d’Essaouira et de sa population.

Guido : 46 - LE PAYS HAHA

Deux grandes confédérations tribales ont donné naissance à « deux » pays déjà marqués par le relief. Le territoire des Chiadma se situe au Nord, sur les provinces de Safi et d’Essaouira. Celui des Haha s’étend au Sud de l’Oued Ksob.

Cette région, dans laquelle le parler tachelhit est largement répandu, apparaît comme une sorte de conservatoire du Maroc traditionnel. L’agriculture y prédomine avec les produits de cueillette (noix d’argan, caroubes, escargots, charbon de bois, racines de thuya), dans un système de micro agglomérations, villages et gros hameaux aux souks traditionnels. Paysages à la beauté majestueuse, vallons, arganiers à perte de vue, gorges à la terre rouge et aux oueds souvent à sec.

Tidzi, village–souk, à une vingtaine de kilomètres d’Essaouira sur la route d’Agadir présente peu d’intérêt hormis son environnement et sa coopérative artisanale d’huile d’argan. Les femmes qui y travaillent présentent les différentes étapes de leur activité et proposent à la vente tous les produits dérivés (culinaires et cosmétiques). Une quinzaine de kilomètres plus loin sur la même route se trouve Smimou (souk pittoresque le dimanche).

Les sous sols environnants sont riches en sel. A 5 Km au sud sur la même route, prendre la piste à gauche, qui longe l’oued en contrebas : environ 1 Km de piste praticable, excepté s’il a beaucoup plu. Les bassins, de rétention d’eau de pluie, d’eau de source et de décantation d’eau salée, s’étendent sur un peu moins d’une dizaine d’hectares, formant un paysage géométrique sur lequel viennent se rajouter les courbes des monticules de sel. Le site d’Ouzla est entouré de collines plantées d’arganiers, et se prête à de belles promenades : le décor lunaire des bassins en fond de vallée est splendide à l’heure du soleil couchant.

Prendre le temps de parcourir les villages berbères des environs (Imin Tlit, Aït Idir etc.), par les petites routes existantes ou par les pistes, est un ravissement : on peut découvrir et admirer l’architecture simple mais fonctionnelle des habitations et des hameaux berbères ainsi que de superbes portes de bois sculptées, gravées ou mises en valeur par les dessins peints sur les murs. De loin en loin surgissent des tours semblables à des châteaux d’eau et appartenant à d’anciennes maisons caïdales. Au détour d’un virage il n’est pas rare d’entrapercevoir des ruches dans les champs. Sur les bords de l’axe principal Essaouira‑Agadir des vendeurs proposent huile d’argan et miel.

Entre Tidzi et Smimou, sur la droite, une petite route mène vers Aït Idir et la plage d’Iftane. La côte est splendide, très découpée, mais n’est souvent accessible, qu’aux véhicules tout terrain. Il est néanmoins possible une fois dans le village, de laisser les pistes et de poursuivre par la route côtière qui mène à Sidi Kaouki. De beaux points de vue sont à signaler tout le long de cette route côtière de même que sur la route reliant Essaouira à Agadir.

Guido : 46 - ZAPPING SUR LA VILLE

Le Taros Café
Alain fillaud, propriétaire du Taros café passe la main. Ouvert en 2002, cet établissement a connu sous la direction d’Alain un essor considérable, il est devenu le «The place to be» d’Essaouira. Désormais c’est Christine et Karim qui en prennent la gérance.
Après avoir dirigé plusieurs restaurants en France et à l’étranger, Christine et Karim ont décidé de poser leurs valises dans la cité des alizés. Leur dernier restaurant était à Paris, dans le Vème arrondissement, «Le Petit Pontoise» auquel le célèbre guide Michelin a attribué 2 fourchettes. Ils possèdent encore aujourd’hui une pizzéria «américaine», mais vont se consacrer maintenant au Taros Café.

Karim est un autodidacte, c’est sur le terrain qu’il a appris à cuisiner, il aura un œil averti sur le chef Abdessamad qui reste à son poste. Son épouse Christine, toujours souriante et agréable saura vous accueillir et mettra toutes ses compétences à votre service pour vous guider dans le choix des vins.

L’objectif de la nouvelle direction est de proposer une cuisine simple et classique, servie rapidement et inspirée de la cuisine française, quelques plats marocains complèteront la carte. A deux pas du port, ils vous proposeront chaque jour une carte de poissons.

Dans son ensemble le personnel auquel les souiris s’étaient habitués, reste présent à leurs cotés, motivés pour vous offrir un service de qualité de 9h à minuit non stop.

Le Guido souhaite la bienvenue à Christine et Karim et leur souhaite un plein succès.


Les Gazelles d’Essaouira

Cette année encore Essaouira sera représentée au 25ème rallye Aïcha des Gazelle par Sabine Luciani et Marie Deflandre. Elles étaient arrivées, en 2014, à la 2ème place de la catégorie «Première participation 4 x 4» derrière les Suissesses Regine Zbinden et Ela Steiner, avec 284.40 points de pénalités. Au classement général elles étaient à la 19ème place.
Cette année encore nos deux gazelles courent pour l’association « Au Cœur de l’Amitié » Euro-marocaine en participant au Challenge Wave Relais Medias, avec le soutien de Made In Essaouira, Made In Marrakech, Made In Casablanca.(http://aucoeurdelamitie.com)

Elles visent une meilleure place en affinant leur conduite et leur navigation en mettant à profit le stage de perfectionnement qu’elles ont suivi (meilleur gestion du temps, des décisions, de la stratégie et du tracé de leur route).

Nos deux gazelles déclarent déjà que ce sera la dernière participation effective à cette compétition. Leur souhait pour les prochaines années étant de promouvoir et pérenniser un équipage Souiri en l’aidant à trouver des sponsors et le véhicule et construire le projet. Elles espèrent que ce rallye qui depuis toujours se termine à Essaouira et qui n’a vu qu’un seul équipage de la ville (le leur) soit fédérateur. Qu’il rassemble toute la ville (province, commune, commerçants et médias locaux) autour d’une cause commune : la représentation de la ville, voire une première place un jour.

Nous leur souhaitons bonne route et les attendons à l’arrivée le 4 avril.

La renommée d'Essaouira a considérablement grandi ces dernières années. A l'artisanat traditionnel axé sur la bijouterie et le bois de thuya sont venus se greffer d'autres centres d'intérêts. Quatre festivals annuels, des artistes peintres singuliers, la célèbre confrérie des gnaouas, la production d'huile d'argan, attirent de nombreux visiteurs.

Pour mieux les accueillir, Essaouira a considérablement augmenté sa capacité d'hébergement avec de nouveaux riads et hôtels, des golfs et de nombreux restaurants pour agrémenter votre séjour. De multiples activités de loisir sont proposées : quad, surf, randonnées pédestres ou à cheval, etc..

Le charme de la cité des Alizés, avec sa médina, offre des images pittoresques au détour des ruelles voûtées, dans l'animation des souks, sur les remparts et leurs skalas. Les vents et l'océan font la joie des amateurs de surf et autres sports nautiques et le petit port qui a connu des heures de gloire, alimente la gastronomie locale.

Au fil des éditions le but de ce magazine est de vous distraire et de vous informer. Nos rubriques détaillent l'histoire de Mogador, le tourisme rural, l'artisanat, les festivals, en bref, tout ce qui fait d'Essaouira une destination phare au Maroc.

"Essaouira Mobile"

"Essaouira Mobile" est la première application mobile de géolocalisation dédiée à la ville d'Essaouira. Elle comprend une sélection de lieux les plus importants afin de vous permettre une découverte guidée de la ville.

Pour chaque lieu sont proposés un large éventail d'informations incluant une description, des photos, son adresse, son numéro de téléphone, son adresse mail, son site web, son emplacement sur la carte, votre position actuelle et le chemin pour y aller ainsi qu'une annonce promotionnelle.


Télechargez l'application pour :


L'intérêt particuliers de cette application est que chaque établissement a les fonctionalités suivantes :

Partage : A tout moment, une actualité concernant un lieu peut être annoncée. Ainsi, par exemple, une promotion ou un divertissement particulier peut vous être proposé.
Géolocalisation : La localisation GPS vous permet de localiser et vous orientez dans la ville avec un itinéraire.
Favoris : Il est également possible d'ajouter ou retirer des lieux à vos favoris. (sauf pour la version internet).
Hors ligne : en mode OFFLINE (aucune connexion), vous gardez toutes des informations de chaque établissement ainsi que sa localisation.

Tag : Essaouira, Maroc, voyage, tourisme, séjour, vacance, guide