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Guido : 42 - CIMETIÈRE JUIF & HAÏM PINTO

Le cimetière juif
L’ancien cimetière juif, situé à la sortie de la ville par Bab Doukkala, reste un endroit étrange et émouvant : plantées à pic devant l’océan, les tombes y sont enchevêtrées sans aucune cohérence apparente, gravées et ornées de mystérieuses figurines.

Ce vieux cimetière marin juif d’Essaouira fut utilisé jusqu’à la fin du 19e siècle. Situées au nord des remparts, le long de l’océan, les tombes présentent un aspect souvent détérioré, car le lieu, non clos à l’origine, ouvert aux vents et aux embruns, a favorisé l’érosion des plus anciennes. Plus tard le cimetière sera entouré de murs dotés de trois portes d’accès. Les funérailles se faisaient par l’une ou par l’autre, ce qui explique le désordre anarchique dans la disposition des tombes, serrées les unes contre les autres comme pour se protéger des embruns, se touchant ou se chevauchant, ne facilitant pas les déplacements des visiteurs.

Au milieu de cet enchevêtrement trône le mausolée du rabbin Haïm Pinto. De nos jours, l’accès à l’ancien cimetière se fait par une porte donnant sur la rue. Trois marches sont à gravir : l’explication donnée par le gardien étant que le cimetière comporte plusieurs couches superposées de sépultures ; certaines sont enfouies dans les sables.

D’après des chercheurs, dans ce vieux cimetière environ 2400 tombes sont dénombrées. Les dalles funéraires les plus anciennes sont sculptées directement dans le grès marin, les plus récentes dans le marbre. La population juive a adopté unanimement la même forme de sépulture : la dalle anthropomorphe. Mais vers 1915 les tombes anthropomorphes ne sont plus guère utilisées.

L’aspect très particulier des tombes du vieux cimetière juif frappe par leur aspect et leurs représentations. Ces tombes sont intéressantes : contrairement à la tradition juive qui interdit la représentation humaine, elles ont une configuration anthropomorphe très marquée. Ce type de tombes se retrouve dans d’autres villes du Maroc, mais presque exclusivement dans les villes des côtes atlantique et méditerranéenne. Ni les grandes villes historiques de l’intérieur du pays, ni les petits villages en pays berbère ne présentent cette forme de sépulture.

Les dalles parallélépipédiques, larges de 30 à 50 cm, peuvent atteindre 2m de longueur et ne sont pas toujours scellées au sol mais simplement déposées sur la sépulture. Elles présentent des gravures à figuration humaine : le corps y est représenté dans son ensemble et la tête est parfois coiffée d’une couronne en forme de soleil ou de croissant de lune, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Des motifs floraux ou géométriques rappelant les motifs berbères viennent compléter les festons qui agrémentent le bas du corps, symboles religieux ou ethnologiques ; parfois des épitaphes le recouvrent entièrement. D’après les chercheurs, les tombes épigraphiques appartiennent plus fréquemment aux hommes. Ce cimetière se trouvent dans le prolongement des cimetières chrétiens situés à la sortie Nord de la ville par Bab Doukkala, en direction du quartier industriel. Le nouveau cimetière de la ville (1874) accordé aux juifs pour enterrer leurs morts ne comporte que très peu de tombes anthropomorphes.
La Hiloula
Chaque année à la fin du mois d’août près de deux mille pèlerins juifs venus du monde entier se retrouvent dans la Cité des Alizés pour célébrer la Hiloula de Rabbi Haim Pinto.
Le terme Hiloula est utilisé pour désigner le jour anniversaire du décès d’un Tsadik (Yartzeit). Ce jour là, on se réunit pour faire les louanges du Tsadik qui est décédé, en effet, le livre « Chem Arié » rapporte que « Hiloula » est lié au mot « Hallel », qui signifie louange. On rappelle son Avodat Hachem (service de Dieu), ses actions, ses midot (traits de caractères), son amour infini pour les créatures de Dieu et surtout sa proximité avec Hachem et ses miracles.
Les juifs marocains restés au pays ou résidents à l’étranger et leurs concitoyens musulmans se réunissent devant le sanctuaire à l’occasion de la célébration de la « Hilloula ». Le pèlerinage de la « Hilloula » est une des traditions les plus chères à la communauté juive. Il symbolise une des manifestations religieuses les plus originales du judaïsme marocain, avec le culte des saints qui trouve son origine séculaire dans l’influence arabo-musulmane.
Depuis plus de 15 ans, les Juifs marocains du monde entier marquent de manière plus forte chaque année leur attachement pour leur pays et y viennent en masse pour effectuer des pèlerinages aux sanctuaires et aux saints enterrés au Maroc. Cet évènement est marqué par des chants et des prières juives pour 7 jours de recueillement et de dévotion. C’est un cachet spécifique multiculturel de la coexistence fraternelle des fidèles des deux religions monothéistes ancrées dans la spiritualité du pays. La « Hiloula » constitue donc l’un des cultes et des traditions israélites au cours desquels les membres de cette communauté résidant au Maroc ou à l’étranger visitent les différents mausolées juifs où ils organisent notamment des prières et allument des cierges. Une occasion pour se recueillir aux côtés de leurs concitoyens musulmans.
la hiloula pour Haïm Pinto
A Essaouira se déroule chaque année à la fin du mois d’août une Hiloula en hommage à Rabbi Haïm Pinto. Les pèlerins viennent de différents coins du monde, les représentants des autorités locales et d’autres personnalités sont également présents. Chacun partage des moments forts de spiritualité et de recueillement, ponctués de prières, et réitèrent leur ferme attachement à leur Mère-patrie, le Maroc, et se félicitent de l’accueil chaleureux qui leur est réservé et des dispositions prises par les autorités locales pour le bon déroulement de cette fête religieuse.

Au cours de la première soirée, les participants implorent Dieu d’accorder à SM le Roi Mohammed VI santé, bonheur, longue vie et gloire et de couronner de succès les actions que le Souverain entreprend pour le bien de la nation. L’assistance prie également le Tout-Puissant de combler le Souverain en la personne de SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan et de l’ensemble des membres de l’illustre Famille Royale. « Les juifs présents à ce moussem viennent pour renouveler, comme chaque année, leur attachement au Trône alaouite et prier pour la paix dans le monde », a déclaré en août dernier le rabbin David Pinto, mettant en exergue l’ouverture du Maroc sur les civilisations et les religions. Il a, par ailleurs encore cette année, fait observer que plusieurs articles de la nouvelle Constitution, approuvée par référendum populaire le 1er juillet dernier, stipulent que le Maroc est un pays de diversité et de tolérance, où la cohabitation est mutuellement respectée entre ses citoyens juifs et musulmans. « La nouvelle constitution garantit à nous tous le libre exercice des cultes, et combat toute discrimination à l’encontre de quiconque, en raison de ses croyances ou de sa culture », a-t-il indiqué.

Le gouverneur, a lui aussi rappelé la portée profonde de ce moussem « riche de significations et de symboles », a appelé à transmettre aux générations futures « les valeurs communes entre juifs et musulmans et leur faire découvrir la dimension spirituelle qui nous rend responsables et solidaires contre le mal et disponibles pour notre bien commun ».

Décédé le 28 septembre en 1845 à l’âge de 96 ans, le Rabbin Haim Pinto a pu réaliser un de ses grands et nobles rêves, la construction à Essaouira d’une synagogue dans laquelle il passait la majeure partie du temps à prier Dieu et enseignait la Torah.
Cette synagogue a été restaurée il y a environ dix ans et se visite. Elle se situe dans une ruelle donnant sur la place principale du mellah, tout près de bab Doukkala. Les rendez vous sont à prendre auprès de la gardienne du cimetière marin juif où se trouve le mausolée du rabbin Haïm Pinto et dans lequel se déroule la hiloula. Une plaque sur le mur extérieur du cimetière donne un numéro de téléphone en cas d’absence ou de fermeture du cimetière.
La synagogue Haïm Pinto
Ancienne demeure de Haïm Pinto datant du 19e siècle, la synagogue se situe à l’extrémité Nord du Mellah, face aux remparts restaurés, au milieu de maisons menacées d’effondrement. Elle est proche de l’ancienne école juive.
Le rez-de-chaussée accueille les fidèles. Le premier étage est consacré à la prière. Les femmes ont leur propre salle au même niveau, un puits de lumière ainsi qu’une ouverture grillagée sur la partie centrale de la synagogue, l’oratoire, leur permet de voir sans être vues. Une vielle porte a été conservée ainsi que les anciens carrelages, les plafonds en bois comportant une croix de David dessinée sont également d’origine. Restaurée, la petite synagogue n’est que peu fréquentée et seuls les dons assurent son entretien.