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Guido : 31 - MOHAMED TABAL : PEINTRE DES GNAOUAS

A l’heure du festival consacré aux Gnaouas et musiques du monde, un clin d’œil sur le travail de Mohamed Tabal, leur peintre-émissaire.

A la suite du discours du roi Hassan II en 1988, qui rappelait qu’il n’y a pas dans le Coran un seul verset qui interdit la pratique de la peinture et des arts plus généralement, un vent de liberté a soufflé sur les expressions d’art populaire et figuratif au Maroc. Dans ce nouveau mouvement d’artistes d’Essaouira, Mohamed Tabal fait figure de proue.

A Essaouira, on a vu alors apparaître de nombreux artistes autodidactes donnant libre cours à leur inspiration, leur fantaisie et leur imaginaire. Des œuvres extraordinaires, fortement imprégnées de la culture africaine de la région, ont été présentées par des artistes spontanés et indemnes de tout apprentissage ou académisme. Les œuvres de Tabal sont singulières et surprenantes, créatives, aux couleurs vives : bestiaires, scènes de la vie quotidienne transcendées, multiplicité de personnages aux mille couleurs et de créatures zoomorphes, peintes sur bois, sur peau ou sur toile.

La sculpture, toujours dans ce même esprit est également un moyen d’exprimer et de représenter le monde gnaoua. C’est Fréderic Damgaard qui découvrira Tabal et sera émerveillé par son travail. Grâce à lui, il déposera son tambour pour se consacrer aux couleurs. La galerie d’art d’Essaouira qui porte le même nom œuvrera durant des années pour faire émerger Tabal et ses disciples souiri, exposant leurs œuvres dans de nombreux pays.

Tabal peint, sculpte et ne cesse jamais. De nombreuses séries sur les Gnaoua, collage et polychromie. Comme il a peint son père et sa vie, il peint sa famille, la confrérie, les rites quotidiens, musiciens au guembri, tambour ou krakeb, des personnages dansants, la cérémonie du thé et des fumigènes, la chèvre et le mouton pour la fête, sa maison, les animaux et les gens qui la peuplent.

La vie nourrit sa peinture. « La peinture est comme un rêve », dit-il et le « rêve est source d’inspiration ».
Sous ses doigts jaillissent les couleurs et les motifs d’Afrique, enfouis en lui. Une œuvre dite « naïve » aux milliers de détails à découvrir dans chacune de ses réalisations.

« Issu des Ganga berbères par son père, Tabal fut, dans sa jeunesse, initié au culte des Gnaoua citadins. L’imaginaire des Ganga, fils du soleil et des saisons, s’associe chez lui à celui des Gnaoua, fils de la lune et de la nuit. Il crée l’harmonie entre les devises musicales, les puissances surnaturelles et les couleurs de l’arc-en-ciel. Tabal n’a pas appris l’art du guembri, contrairement aux Gnaoua de la ville. Le seul instrument qu’il ait vraiment maîtrisé, c’est le tambour, t’bal, dont il porte symboliquement le nom pour l’avoir hérité de son père : Tabal, qui signifie tambourinaire. La grand-mère de Tabal, était venue du Soudan dans les sillages des caravanes qui reliaient Tombouctou à Essaouira. » (Albdelkader Mana - http://abdelkadermana.wordpress.com/2010/04/27/mohamed-tabal-le-peintre-des-gnaoua)

Dans la peinture de Tabal, les yeux ont une grande importance, souvent soulignés par une couleur foncée, ils captent un mystère, celui de la transe, de l’hypnose, pénètrent le spectateur.
Mohamed Tabal expose régulièrement, nombreuses sont les villes du Maroc qui l’ont vu passé de Casablanca à Essaouira, à Saint-Malo en Bretagne avec les « peintres singuliers d’Essaouira lors d’un festival « Etonnants voyageurs » en juin 2009 à la galerie « les Naufragés du temps »… Paris encore en avril dernier avec Alain Gastaud, peintre français et éditeur, qui prépare un livre sur Mohamed Tabal et exposait, une vingtaine d’œuvres tableaux et sculptures De Tabal et Ali Maimoun, peintre dans la région d’Essaouira d’un bestiaire composé d’animaux à deux têtes.

Mohamed Tabal a le sourire doux, ses mots sont posés et son regard nous renvoie des images lointaines aussi fraîches et gaies que ses premiers dessins d’enfants à l’école primaire.