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GUIDO N° 22

GUIDO N° 13
• EDITO N° 13

Guido : 39 - ZOOM SUR LA VILLE

Je longe les remparts aux murs rongés par les vagues. Le vent s’efface, épuisé.

Je descends d’étroites ruelles couvertes qui prennent un moment l’allure de passages souterrains aux voûtes de pierre : la cour de la coopérative des menuisiers ébénistes est jonchée de racines de thuyas, extraordinaires masses fantasmagoriques, difformes, à rude consistance gris brun qui leur donne l’allure de blocs de pierre. Leur parfum envahit tout l’espace, entêtant.

Venue de nulle part ou de chaque recoin, traversant les murs, les portes, la musique du travail des ébénistes rythme mes pas.
Voici, au bout, la place Moulay el Hassan, longue allée tranquille, plantée de caoutchoucs aux pieds blanchis, sous le regard d’un minaret, havre de calme avec ses terrasses de cafés, ses galeries, ses petits snacks, son kiosque à journaux. On se hèle, s’embrasse, et partage un verre. Le petit cireur de chaussures, malgré les refus, garde le sourire.

L’horizon s’élargit quand je me dirige vers le port. Derrière la porte de la Mer c’est la ronde des chalutiers, les chantiers de construction navale, les filets de pêche délavés, aux nuances ambre, bleu, vert ou pourpre que les hommes reprisent ou sur lesquels ils sommeillent, et, partout, des mouettes aux cris assourdissants, ventres blancs griffant l’azur.

Arrivée au carrefour des routes du littoral et bientôt au sommet d’une dune morte apparaît l’ample panorama de mer et de sable qui enveloppe Essaouira. L’émotion est toujours aussi violente quelle que soit l’heure de la journée.

La ville s’étale au-delà de ses remparts et gagne le long de l’admirable courbe de sable de sa baie fermée par les îles Purpuraires.
La corniche de la plage atteinte avec son boulevard Mohamed V tout piqué d’araucarias, sous le vent du large la mer brise et déferle, peu engageante ; les eaux chargées de sable ont une teinte presque brun orangé, quasi pourpre.

J’entre dans la cité du bord de l’océan avec ses portes de pierres basses, ses murs aux couleurs passées.

Je monte à la Scala et surtout au bastion qui le protège au Nord avec son portique à trois voûtes et à échauguettes. Du haut de ce mirador où j’ai peine à me protéger du vent, le spectacle marin est fantastique : des vagues échevelées déferlent longuement, blanchissant à la côte une mer verdâtre et fauve, puis se brisent sur les rochers en hautes gerbes étincelantes. Dans l’un des créneaux, une femme en haïk, sombre masse de laine solitaire, fait face au large et au vent. Sur la Scala, chaque ouverture avec le fût de son canon aux marques espagnoles est occupée par un couple d’amoureux conversant et se regardant sous le soleil doré qui se couche sur la mer.

Je me dirige vers le port. La mer reprend ici ses droits, elle écume contre la jetée, les mouettes planent et crient au vent en le forçant. Une flottille de barcasses bleues et noires mises au sec sur la digue, lourdes, me fait escorte jusqu’à la Porte de la Marine. C’est alors le spectacle haut en couleurs de tous les bateaux de pêche : certains mouillés à quai côte à côte dans le bassin, d’autres montés sur les aires du radoub, exhibant leurs carènes de couleur rouge, verte ou bleue, toutes crues dans le soleil couchant. Des hommes s’affairent encore au carénage, à la peinture, à la réparation de filets. Je m’attarde dans cette ambiance enivrante, errant parmi ces coques dressées ou ces barques alignées à terre.

Je saisis les derniers rayons du soleil sur la scala et les murs de la forteresse criblés par les embruns, les vents, les sables, les siècles, orangés et roses dans la lumière déclinante.